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Sculpture

Dernière mise à jour : 2 juil.


Sculpter, c'est creuser la matière, la vider jusqu'à ce que l'œuvre se révèle dans le bloc. Elle était là avant sa naissance, inconnue de tous, sauf peut-être du sculpteur. Car on ne creuse pas au hasard. Chaque coup de ciseau, de gouge ou de lime est une lente transformation de vide en forme. Une forme qui peu à peu s'harmonise.


On pourrait aller très loin dans la perfection, à condition d'avoir du métier et du talent, et bien sûr de la patience. Mais il faut aussi savoir s'arrêter, car le mieux est souvent l'ennemi du bien. Et une fois que c'est creusé, c'est irréversible. On ne peut pas revenir en arrière.


J'aime sculpter le bois. Je ne me considère cependant pas comme un sculpteur. J'ai très peu d'expérience dans ce domaine. J'ai appris la sculpture lors d'un stage de trois mois d'artisanat d'art. Mais mon maître de stage ne m'a pas appris grand-chose. Il me demandait de le regarder faire, mais il ne fabriquait que des tinelle, des seilles en bois pour fabriquer le brocciu, un fromage frais corse à base de petit lait de chèvre ou de brebis. En clair, je pratique la sculpture sans véritable technique.


Puis, en 1978, j'avais entrepris de sculpter un Buddha dans un demi tronc de poirier qu'un paysan savoyard m'avait donné. J'en ai fait cadeau en 2014 à la Falaise Verte.



J'avais essayé aussi l'argile, mais ce n'est pas exactement la même technique, car il s'agissait de modelage. On ne retire pas vraiment de matière. On la transforme.



La dernière sculpture en date, celle ci-dessous, représente Bodhidharma. Je l'ai réalisé en une semaine à partir d'un bloc de tilleul de 200x100x100 mm. Comme outils, je me suis servi de ciseaux à bois et d'une gouge, et bien sûr d'une râpe. Cependant, les finitions ont été réalisée au Dremel. L'idéogramme 達磨 (qui est le nom de Bodhidharma en japonais, c'est-à-dire Daruma) sur le socle est à peine visible. Pour protéger le bois, je l'ai recouvert d'un mélange d'huile de lin et d'essence de térébenthine. .



La sculpture est un art de patience et d'attention. Je ne saurais dire le sentiment que j'éprouve en sculptant. Quelqu'un m'a dit que le personnage me ressemblait. Peut-être n'a-t-il pas tout à fait tort, car créer consiste à donner une part de soi-même. Quand je fais zazen, je ne me sens pas très différent de cette forme de matière.

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